Le scandale de l’amiante en Seine-Saint-Denis

Cette fibre naturelle, aux propriétés dites « exceptionnelles » à l’époque, s’est révélée être un matériau meurtrier. Le problème en est que l’empire industriel en France s’est construit en introduisant l’amiante dans des milliers de produits, surtout dans le bâtiment (amiante-ciment ou le flocage).

Les victimes dont la maladie se déclare au moment de la retraite (cancer de la plèvre, cancer du poumon, maladies respiratoires…) ressentent très souvent un sentiment de révolte et d’injustice face à une situation qui aurait pu et dû être évitée par ceux qui savaient que ce matériau était dangereux.
La liste des entreprises responsables dans le sens ou elles n’ont ni informé, ni protégé leurs salariés des risques encourus par l’exposition à l’amiante est longue  -CEM-Alsthom au Bourget, Valéo à Saint-Ouen, Babcock à la Courneuve, HMR à Romainville… Ils sont près d’une soixantaine sur le département de la Seine-Saint-Denis.

Le scandale ne s’arrête pas là malheureusement, car une fois la maladie déclarée, une bataille féroce s’annonce pour ces victimes dans la reconnaissance de leur maladie professionnelle, dans la juste indemnisation de leurs préjudices et dans leur suivi médical.

J’ai rencontré l‘ADDEVA 93, association départementale qui défend et accompagne ces victimes de l’amiante en Seine-Saint-Denis. L’association a ainsi traité plus de 1000 dossiers de victimes (dont 260 sont malheureusement décédées) exposées dans le cadre de leurs activités professionnelles antérieures sur le département. Je tiens particulièrement a saluer le formidable travail qu’ils accomplissent sur le terrain auprès des victimes et de leurs familles afin de leur apporter réconfort, aide juridique et accompagnement dans leurs démarches très souvent semées d’embûches.

La production, l’importation et la commercialisation d’amiante est interdite en France depuis 1997. Malgré cette interdiction le risque subsiste car il en reste des millions de tonnes disséminées dans les usines, les immeubles, les établissements scolaires, les hôpitaux… Et pourtant, il n’existe aucun inventaire de ces lieux où la pollution par l’amiante constitue un risque majeur.

Les condamnations prononcées  à l’encontre des deux anciens dirigeants et actionnaires d’Eternit sont encourageantes pour toutes les familles en France qui ont engagées des procédures en pénal.

Rappelons les chiffres annoncés par l’InVS (Institut national de veille sanitaire) qui sont de 100000 morts d’ici à 2025…

PLUS QUE JAMAIS LA MOBILISATION S’IMPOSE.